A bouffer des Danettes vanilles sur ma couette à la cave jusqu'à 4:30...
(...les seules que les petits ne mangent pas).
"_ J ai "recommencé"...
_ Pourquoi ?
_ On a cassé.
_ T'es chiante... T'as l air maligne avec ce truc énorme autour de ton bras maintenant... Ca saigne plus au moins ? T'as désinfecté ? Il y en a beaucoup ?
_ Trois sur l'avant bras.... vers le milieu. Mais oh ! Ca va ! Tu te crois plus malin avec ton suicide alimentaire
Nutella-banane-Chantilly-camembert, là ?
_ A part vomir ou une intox je vois pas ce que je risque.. je risque pas de me vider avant d'arriver à Villeneuve Saint George ! T'es chiante Mimie, retombe pas là dedans, ok ?
_ Je sais. Ce soir c'est dur. C'est tout.
_ Tu crois que les gens sont capables de s'écouter ? Capables d'entendre ce qui ne se dit pas ?
_ Il y a toujours beaucoup trop de bruits entre nous pour qu'on entende ce qui est silencieux.
_ Comment on fait alors quand on est muet ?
_ On explose... et aprés on te prend pour un cinglé. Les gens te méprisent, mais ils font attention à toi... On peut pas tout avoir mon coeur.
_ ....Les gens me méprisent déjà. Et exploser... Si t'exploses, t'es éparpillé ? T'existes plus... Au mieux on te recolle les morceaux, mais on fera pas gaffe : on te remontera à l'envers.
_ Est-ce que nous revoir tous ensemble - en famille - ça nous fait du bien ?
Je veux dire, tu sais, ce truc où on retombe tous en enfance, sur 3 générations... il y a truc.. comme du sirop mélangé à du poison. C'est éternel. On se retrouve et on s'empoisonne jusqu'à ce qu'on reparte tous. Ca nous déchire de se séparer, mais nous sommes incapable de vivre ensemble. On s'aime autant qu'on se hait. Il y a rien de... ce qu'on a vraiment vécu petit. Juste ce souvenir flou, effacé de moments où nous nou sentions heureux, pleins, de la joie de les aimer et du bien qu'ils nous procuraient. Dés qu'ils sont loins de nous, c'est ce qui nous ressaute au coeur, nous agrippe les tripes et nous arrache les larmes. Réunis, c'est tout autre chose. Les conflits renaissent.
T'arrives à réviser toi ? J'arrive pas : ici moins qu'ailleurs. On n'est pas dans la merde...
Il t'a pas appelé non plus ? nan.
Il est con, c'est pour lui que c'est dommage, nous on s'en remettra... les plaies auront juste le gout du sel. Mais je pense pas que ça m'empêchera d'être un bon père.
Avec les petits [cousins], de me voir autorisé à entrer dans leur monde, c'est ce qui me laisse espérer que je pourrais être un père qui sait communiquer... Si j'arrive à pas oublier ce que je suis avec eux.
Je veux dire, jamais j'aurais la prétention de pouvoir comprendre mes enfants... enfin si, mais pas comme ça. Je ne sais pas ce dont je serais capable de les épargner... mais en tout cas, je veux leur assurer l'espace et la liberté à laquelle il peuvent prétendre tout en étant une présence résistante et fiable pour eux.
Je veux être ce qu'il n'a jamais pu être.
L'autorité qui rassure, pas celle qui fait peur.
La limite qui fait garde fou, pas celle qui schize et emprisonne.
Je veux que mes gosses aient l'opportunité de me respecter en tant qu'être humain.
Ouais... Enfin... C'est peut-être comme ça que le notre l'envisageait aussi...
Nan, je veux que mes enfants comprennent mes décisions et mes limites.
Ca ne se fait pas en un jour. Ils ne peuvent pas tout comprendre... Ils évolueront... comme nous.
Me rejeter, ça fera partie de leurs options... mais... Je ne veux pas être mon propre obstacle à les faire revenir.
Ils partiront.
C'est pas un abandon, c'est un envol à prendre.
Les parents ont tort de croire que leurs enfants les abandonnent en grandissant.
C'est leur pire erreur.