La plupart des gens qui prétendent parler de l'adolescence sont des vieux cons
Tada ! Et un pavé dans la marre !
*** Air de révolution soufflant sur esprit de la jeunesse enflammée. ***
Comme - malgré l'arrivage imminent de chair fraiche inférieure à 20 printemps (si j'te jure Nico, j'les ai vu sur le chat) - la moyenne d'âge du site est aux alentours des 30 ans, je vais développer un tantinet, histoire de pas me faire traiter de petit con prétentieux et futur vieux con réactionnaire tout de suite.
Ducont et Dupond
Une nouvelle étude traite de la façon de consommer l'alcool chez les jeunes. J'entends ça en ce moment même sur France Info et - bien que j'ignore quel est le professeur en question - je déduis de ce que j'entends un journaliste avec des questions assez connes (normal, il est journaliste le pauvre) et le professeur clairement d'un certain âge : la soixantaine passée.
Bref
le constat "dramatique" : les jeunes boivent.
Question du journaliste : Ok, mais est-ce que leur consommation différe de par exemple - au hasard (et mon cul ?!) - la génération des 60's ?
Réponse : On avait à faire avec un alcoolisme régulier en petites quantité il y a 40 ans, et aujourd'hui on observe nettement une consommation à l'anglosaxonne : plus rare, ponctuelle mais en forte dose ; les jeunes d'aujourd'hui pratiquent la défonce.
Pour se défoncer, l'alcool est un moyen comme un autre d'y arriver.
Horreur. Malheur.
Question débile du journaliste : Bon, aujourd'hui 15% des jeunes de 17 ans fument régulièrement du cannabis... Il parait qu'en les rendant alcooliques, on pourrait leur faire diminuer leur dépendance au cannabis.
Réponse du "spécialiste" - un peu affligé : Il ne s'agit pas de remplacer une drogue par une autre pour observer les résultats que cela causerait. Sa solution : la sacro-sainte prévention.
"Il faut prévenir le plus tôt possible des dangers que causent la consommation de ces substances. Le plus tôt est le mieux. A l'école... " (il a hésité et je n'ai pas compris s'il voulait parler de l'école primaire ou maternelle).
Alors, bon. Merci M. le Spécialiste.
Merci d'avoir tué huit mois dans votre labo, à passer en revue un échantillon "de 250-individus-représentatif-de-la-population-française-de-15-à-25-ans", d'avoir validé, testé et éprouvé un questionnaire de 20 000 questions avec des modalités de réponses les plus exhaustives possibles, d'avoir utilisé le T de Student ou le Fisher (je suis une sous merde en stats, me faites pas chier) et d'avoir rédigé un rapport sanitaire de 400 pages avec de jolies couleurs pour les graphiques pour la DASS qui s'en tape le cul par terre...
Mais bon... Si on fait un peu le résultat des courses, qu'est-ce qu'on obtient ?
Le but du passage du monsieur sur France Info, c'est pas vraiment - je suppose, hein - de venir nous parler de ce que ne fera pas le gouvernement. C'est à dire mettre en place une prévention efficace, et ce pour la simple et bonne raison que personne ne sait vraiment ce que c'est qu'une "prévention efficace".
Au mieux, nous aurons une campagne publicitaire : affiche ou spot TV, des tracts papier glacé dans les boîtes ou les cours de récré avec des slogans qui tuent leur race de djeuns (
"Boire, ça rend saoûl", "Fumer, ça fait tousser", "Les piqûres, ça fait bobo")
Bref, des moyens importants, audacieux et originaux - sentez le sarcasme de mon propos - pour faire
passer le message.
Tout ça est fort joli, mais quand même ça m'afflige.
Je comprends bien le soucis de santé publique qui se cache derrière la gênante question de l'alcoolisme - sport international s'il en est - devenant le moyen privilégié de lacher prise d'une génération porteuse du double symptôme paradoxal d'être libérale et fliquée.
(Saint Sarkozy, ça fait pas S.S. ?)
Et malgré tout, c'est bien de cela qu'il s'agit. Lacher prise.
Dans une société moderne surcontrôlée qui ne s'est jamais autant regardé le nombril et où chaque individu se doit d'avoir une place et une étiquette pour établir l'ordre social souhaité par tout un chacun, comment échapper à la pression ?
Ce n'est clairement pas l'objet du débat qui rassemble ces deux messieurs autour d'un micro... et pourtant - on y arrive - le problème est posé : la jeunesse nous échappe !
L'aveu du professeur serait de dire "Les jeunes boivent non pas parce qu'ils sont dans une misère sociale, mais ils boivent parce qu'ils sont dans une misère psychologique".
Soit.
Avec un minimum de jugeotte,la pertinence de la présence du scientifique sur les ondes se justifie par la volonté de "sensibiliser" (employons des mots neutres) le père / mère / tuteur légal *
rayer la mention inutile * face à son rejeton potentiellement concerné par le problème, afin de reserrer la vis - si besoin est, bien sûr !
Echapper au contrôle.
Hors (
sablé)*, on commence à s'approcher de quelque chose digne d'un intérêt un peu plus conséquent : la génération en passe d'être les futurs jeunes adultes - forces vives d'un pays
PMU-TéléLoisir-Drucker - ne semble vraiment pas à l'aise dans ses baskets, pas plus qu'avec ses vieux.
C'est évidemment plurifactoriel, ça s'appelle paraît-il l'adolescence.
L'adolescence, si on écoute les "anciens", faut pas chercher : tout le monde il en est passé par là. Alors
en gros, fait pas chier gamin : tu laches ta despé et ton paquet de Lucky, tu brûles tes 3 grammes que t'as acheté à un dealer avec le charisme de Michaël Youn, t'arrêtes de nous infliger du Ina-Ich à 120 db, de secouer tes bras dans tous les sens, de pleurer devant Gregory Lemarchal (Ah non ! Ca c'est revendu à la mé
nagère < 50 ans), tu te mets à tes exercices de maths et tu sortiras pas au Captain' ce soir, ça te fera les pieds !
Soit un homme, pas un rebelle !
Nous avons donc un problème... qui n'en est pas un !
Bah oui,
"Mon gamin de 13 ans me répond et me traite de sale pute" que dois-je faire M. Jean-Cul Delarue ?
Mais Mme, ne vous inquiétez donc pas ! Ca passe ! Soyez ferme et diplomate comme Super Nanny - collez lui en une - et vous verrez que votre petit démon deviendra aussi lobotomisé que vous dans quelques années.
Plus ça crie au Che à 15 ans, mieux ça votera UMP à 25 ! (Ouais, je sais je dérive, mais je fais c'que je veux !)
Ce que je regrette de ne pas avoir entendu à la radio, c'est finalement un peu d'humanité. C'est finalement, que le "jeune" est et reste cet objet d'étude fascinant et dangereux, qu'on n'est capable d'approcher qu'avec des questionnaires et des pourcentages, que ses problèmes sont trop envahissants, son malaise trop dérangeant pour qu'on puisse soit même le déranger...
Être capable de prendre du recul avec eux n'est possible qu'en dissociant ce qu'ils sont et pourquoi des "problèmes" ou du trouble qu'ils causent.
Bref, dans cette bonne science positive appliqué au bon sens parental, en France on s'intéresse aux effets, pas aux causes.
Et si nous avions eu un journaliste intéressé par son sujet, capable de voir un peu plus loin que les chiffres présentés par un futur retraité lambda du CNRS (quoi qu'ils ont du mal à lacher leur fauteuil eux...) et qui n'a pas du regarder un sujet dans les yeux depuis longtemps, on aurait peut-être pu se poser la question de savoir ce qu'on met de côté systématiquement quand on essaye de traiter un problème social.
PS : Ne vous inquiétez pas ! Ma tribune GA est terminée, je m'entraîne juste à rédiger mes articles ! ^^'
Nous pouvons continuer à reposter nos choupinoux ! :)
*Cherchez pas c'était une private joke... car oui ! j'ai de l'humour (Pwoot² ! La mouche qui pète ! par exemple...)